Bruxelles, de Daphné Tamage

Grand écart ! En l’espace d’une semaine, je suis passée d’un roman dans lequel l’héroïne se désole de la laideur et de la météo bruxelloises, à ce fascinant livre hybride, oscillant entre roman et guide touristique sur la ville où j’habite depuis plus de vingt ans. C’est simple: je n’ai pas pu le lâcher et j’ai vraiment hâte de me rendre sur la Place St Géry pour y voir le bras de la Senne non voûté!

C’est sa jolie couverture, précédemment vue dans la presse, je crois, qui a attiré mon regard chez UOPC et - campagne Lisez-vous le belge? oblige - j’ai bien senti que ce livre m’appelait.

Bien m’en a pris car j’ai tout d’abord beaucoup appris sur ma ville et mon pays d’adoption et les personnalités qui les ont traversés (j’ignorais complétement qu’Agnès Varda est née et a grandi à Ixelles). Ce livre repose de toute évidence sur une documentation sérieuse et fouillée, livrée dans un style enlevé, sans pédantisme aucun, rendant la lecture complétement addictive. La deuxième partie du livre comprend également un petit glossaire en Brusseleir de base ainsi que cinq itinéraires conseillés dans différentes communes comme Ixelles, St Gilles ou Uccle. J’étais partagée entre joie d’apprendre mais aussi honte totale d’être passée à côté d’une multitude de trésors historiques sans y prêter attention. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

J’ai donc beaucoup appris sur Bruxelles en lisant ce roman/guide…mais aussi sur moi-même. Le rapport d’amour-haine que l’héroïne et narratrice, forcée de rentrer à Bruxelles pour assister aux funérailles de son Pygmalion, entretient avec la capitale belge m’a permis de mettre les mots justes sur les sentiments très ambivalents que je voue à Lille, où je suis née et j’ai effectué une partie de mes études, sans vraiment m’expliquer pourquoi jusqu’alors. La réflexion de l’autrice sur les lieux qui nous font et ceux qui nous révèlent a résonné en moi et agi comme un baume.

« En vérité, Bruxelles avait été mon laboratoire, mon terrain d’essais atomiques: si j’y avais accumulé angoisses, découragement et tristesse, c’était parce que je grandissais, et que grandir avait été, dans mon cas, me rater sans cesse. »
— Daphné Tamage

Voilà un guide qui, contrairement au vieux Guides du Routard de 2003 remplis d’adresses périmées, mérite de rester sur les étagère et d’être relu en début de week end quand on cherche quoi faire dans sa propre ville. Par ailleurs, Noël approchant, sachez qu’il existe des guides de la même collection sur Barcelone, New York ou Tokyo, etc. Voilà une belle idée de cadeau à mettre sous le sapin…

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